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Historique de la Brasserie Coopérative

Louis Pasteur découvre la pasteurisation dans la future Brasserie Pélican

En 1863, Louis Boucquey de Caesteker fonde une brasserie à Lille dans le quartier Vauban. Il s’honore d’y accueillir Louis Pasteur qui peut ainsi expérimenter ses travaux aux origines de la " pasteurisation ". Jusqu’à la Première Guerre mondiale, l’usine fabrique de la bière de fermentation haute et la production varie entre 10 et 20 000 hectolitres par an.

Au sortir du conflit, Louis Boucquey, le petit-fils du fondateur, aurait pu comme d’autres brasseurs dont les usines avaient été, comme la sienne, endommagées et réquisitionnées - utilisation du cuivre pour l’effort de guerre oblige -, baisser la garde. Il choisit de s’associer avec deux autres brasseurs, Armand Deflandre et Raoul Bonduel, pour relancer la fabrication, toujours à Lille. Elle se fera sous le mode de la fermentation basse qui représente à l’époque 80 % du marché de la bière.

Contrairement à la coutume de donner son patronyme à la société, les trois associés optent pour Pélican, le nom d’une danse,
" la danse du Pélican ", fox trot alors très à la mode. Le nom est prononçable dans toutes les langues et le symbole du Pélican suffit pour se faire comprendre. 

La brasserie du Pélican vient de naître en 1921.

Le succès est rapide. En 12 ans la production décuple, passant de 10 000 hectolitres en 1921 à 100 000 hectolitres en 1933, dont 60 000  en bouteille de 33 cl et le reste en fût.




















Le Pélican arrive à Mons-en-Barœul en 1963

De 1963 à 1966 la brasserie Pélican investit le site de l'ancienne Brasserie Coopérative de Mons-en-Barœul, S. A. fondée en 1903 et dirigée par MM. Hoffman et Waymel. La salle de brassage actuelle date de 1928. 

La brasserie du Pélican devient Pelforth en 1972, puis Heineken en 1990

En 1972 la brasserie est rebaptisée, prenant le nom de la bière Pelforth, lancée en 1937. 
En 1986 la brasserie Pelforth est rattachée au groupe international Française de Brasserie, née de la fusion de Heineken France et d'Union de Brasseries. Jusqu'en 1987 le siège social est situé rue Delphin-Petit à Lille. Dans les années 1990 la Française de Brasserie devient Brasseries Heineken. La brasserie produit encore la Pelforth blonde et brune, la Georges Killian's, la Pélican, la Heineken, la "33" Export, l'Amstel, la Buckler, la brune Porter 39 et une bière de mars.
En 1995 la brasserie employait entre 450 et 550 personnes.


La Danse du Pélican




Au sortir de la première guerre mondiale Louis Boucquey, le petit-fils du fondateur, choisit de s’associer avec deux autres brasseurs, Armand Deflandre et Raoul Bonduel, pour relancer la fabrication, toujours à Lille. Elle se fera sous le mode de la fermentation basse qui représente à l’époque 80 % du marché de la bière.


Contrairement à la coutume de donner son patronyme à la société, les trois associés optent pour Pélican, le nom d’une danse, " la danse du Pélican ", fox trot alors très à la mode. Le nom est prononçable dans toutes les langues et le symbole du Pélican suffit pour se faire comprendre. 

Le Pélican traverse le temps



Gros plan du premier dessin du Pélican en 1921 lors de la création de la Brasserie 
© Collection privée Jacques Desbarbieux


L'idée de donner le nom de Pélican à la brasserie est due aux trois associés Armand Deflandre, Raoul Bonduel et Louis Boucquey. A l'époque, un fox-trot, appelé Danse du Pélican, était extrêmement célèbre. Ce nom fut choisi car il était à la fois très connu et prononçable dans toutes les langues.

En 1921, un premier document (ci-dessus et ci-dessous), de la brasserie Pélican, portant l'image de cet animal, nous le montre non stylisé.


Facture de la Brasserie du Pélican, datée du 10 novembre 1921, avec le premier dessin du Pélican © Collection privée Jacques Desbarbieux.

Les partitions de ce fox-trot, " The Pélican", dues à Clapson, sont illustrées d'un pélican nettement plus stylisé sur le plan graphique. 



Le dessin est attribué à Lucien-Victor Guirand de Scevola qui est par ailleurs considéré comme étant l'un des inventeurs du camouflage militaire. On le trouve sur les camions militaires à Verdun (image ci-dessus) ! A la suite de l'exposition des insignes des services automobiles organisée par l'Union des Arts après la guerre, l'éditeur de musique parisien Clapson eut l'idée de sortir une série de partitions à la gloire de ces sections automobiles. Ce pélican avait été utilisé comme insigne par la TM 557 qui était commandée par le Lieutenant Dutel au moment de l'armistice.

D'autres documents concernant cette danse utilisent une image beaucoup plus conventionnelle du pélican.



Le premier pélican qui sera véritablement utilisé comme emblème de la brasserie apparaît sur une plaque émaillée. Ce pélican est le seul qui possède 4 doigts à l'une de ses pattes. 

Progressivement, nous allons le voir, le logo va subir des cures de simplification et sera de plus en plus stylisé. Le pélican perdra, au fur et à mesure, plusieurs de ses plumes, sa houppette, une patte et même un œil ! Cet œil ayant vu disparaître successivement son sourcil puis sa pupille.


Ci-dessus, le premier logo du pélican avec un bec effilé, une ligne du cou prononcée, une houppette, sept plumes au bout de son aile et deux pattes dont l'une à quatre doigts.
Le pélican est figuré de profil, l'image peut être symétrique, le pélican regardant vers la droite ou la gauche sans préférence.


La version suivante est très proche, avec déjà toutefois trois différences importantes. La patte visible au premier plan n'a plus que trois doigts, le bec s'est arrondi et l'œil comporte un sourcil séparé. Le dessin est globalement retouché, avec une aile plus arrondie. Le pélican est toujours campé sur ses deux pattes et garde ses sept plumes à l'extrémité de son aile unique.

Le pélican est le plus souvent dessiné en blanc avec un contour noir sur un fond rouge vif. On découvre des variantes colorées, celle ci-dessous n'a déjà plus que six plumes.


Le document ci-dessus figure sur des assiettes. Différentes pièces de vaisselle pouvaient être obtenues avec un système de points obtenus lors des achats.

Les illustrateurs n'hésitent pas à s'amuser avec ce symbole en agrandissant la famille ! Le papa pélican se voit même attribuer une seconde aile et des pattes en mouvement.


Omer Boucquey, le fils d'un des fondateurs de la brasserie, qui fera carrière dans le film d'animation, dessinera en 1936 ce pélican. Il lui donnera le nom très amusant de Biair.


On découvre aussi cette belle variation, due à André Roland. Le bec du pélican se confond avec la mousse du verre de bière.




Une modernisation du logo, va lui faire redresser le cou et arrondir son bec. L'œil est très brillant. Le pélican perd encore une plume pour n'en compter plus que cinq dorénavant.


Le pélican ci-dessous a été reproduit sur un livret publicitaire édité en 1950. Son tracé est moins adouci et son aspect très stylisé ne comporte que peu de courbes. On en retrouve uniquement au bas des plumes, de son œil et surtout dans l'arrondi du bec. Il n'a que cinq plumes à son aile et la patte est unique. Le plus étonnant reste cette pointe au sommet du crâne.


A une autre page de cette brochure, éditée par Sodiar Publicité au 235 rue Faubourg Saint Honoré à Paris, on découvre ce même pélican très stylisé.


Le pélican ci-dessous se trouve au dos d'une autre assiette avec la marque de la fabrique à Gien. C'est le seul pélican qui possède 4 plumes.



Cette modernité va donner des ailes, sans mauvais jeu de mot, aux dessinateurs. L'illustration reproduite ci-dessous, et qui figure sur un sous-bock, donne une certaine respectabilité à cet oiseau grâce au nœud papillon. Mais on note surtout la première tentative de redressement du bec, celui-ci devient horizontal assurant l'image parfaite de la stabilité. L'ensemble est très réussi faisant passer le double message ambigu d'un dynamisme joyeux et d'un équilibre rassurant.


Le pélican devient de plus en plus dynamique et gai. Il renoue avec ses origines musicales.





Ces quatre précédentes images montrent que le terrain est prêt pour une nouvelle modernisation du logo. Le bec s'est très nettement arrondi et / ou redressé. Nous allons retrouver cette évolution dans l'étape suivante.


Cette fois le pélican est campé sur une seule double patte, il n'a plus que trois plumes et le bec est bien horizontal et très évasé ... une façon de se donner de la contenance et du contenu !
N'oublions pas que le pélican a la vertu de bien nourrir ses petits grâce à son immense bec.
Pour la première fois l'œil est bien rond sans pupille, sans sourcil et la houppette se réduit à un double trait.

Jusqu'à présent il n'y avait pas de charte graphique pour la colorimétrie. Désormais le pélican sera jaune sur un fond rouge.


De simplification en simplification notre pélican va encore perdre des éléments. Ce sera la houppette qui disparaît et le peu de deuxième patte qui lui restait. Le bec est un peu entrouvert et les plumes qui sont encore au nombre de trois sont redessinées.



Précédent une nouvelle évolution, les infographies s'amusent encore une fois avec ce logo. On le trouve en négatif sur des T-shirts. Pour le printemps on met une fleur dans le bec du pélican ou des dents pour affirmer son caractère.



On le coiffera même à nouveau, avec la toque du cuisinier.


Et pourquoi pas un parapluie et divers accessoires trouvés à la braderie de Lille !



Cette ultime (?) version du pélican bradeur (ou bradeux comme on dit chez les Chtis) montre les toutes dernières simplifications. Si le pélican s'est chargé d'objets il a par contre perdu son œil et ses dernières plumes. Que lui reste t-il ?
Nous avons retrouvé une autre illustration où ce pélican, toujours chargé d'un moulin à café dans le bec, d'un lampadaire sous l'aile et d'un sac à dos, n'est plus borgne.


Dans cette autre version, utilisée pour une opération déballage, le pélican porte le même grand sac à dos. Il a le bec ouvert pour transporter ses autres trouvailles, dont un canard, un réveil matin et bien sûr un verre de bière.







Quel sera le prochain envol du pélican ? La campagne publicitaire " Bière comme personne " des années 2000 avait montré un retour vers la photographie.


Nul doute que le pélican nous réservera encore quelques surprises ... Il est intéressant à ce titre de voir le travail, hors agence, de certains graphistes.

En tout cas chapeau Monsieur le Pélican !


... et parfois notre pélican est un sacré farceur, surtout le 1er avril 2014, quand il choisit de se faire remplacer par un lama !



Des origines à la plus grande brasserie de France

La plus grande brasserie française, sise actuellement sur le territoire de la commune de Mons-en-Barœul, dans le Nord, est l'aboutissement d'un long cheminement.

Pour comprendre il faut tracer trois histoires de familles de brasseurs en parrallèle :
- Celle des Boucquey
- Celle des Waymel
- Celle des Heineken

La famille Boucquey

La famille Waymel

La famille Heineken


Omer Boucquey


Louis Boucquey, dirigeait à Lille, une malterie et une brasserie familiale, qui avait été fondée en 1863 dans le quartier Vauban, par son grand père Louis Boucquey de Castekaer. 

En 1920 avec ses deux associés, Armand Deflandre et Raoul Bonduel, il crée la Brasserie du Pélican, qui deviendra la Brasserie Pelforth. La même année, il épouse Antoinette Cabour. De cette union naîtront quatre enfants : Omer, Colette, Bernard et Denis. 

Omer Boucquey, qui nait à Dunkerque en 1921, fera une carrière dans le film d'animation. Il réalisera notamment des films publicitaires pour la brasserie Pélican.

 

Un DVD reprend les œuvres d'Omer Boucquey 
dont la célèbre animation pour les bières Pélican.

Ce pélican " Biair " est du à la plume d'Omer Boucquey. 
Il paraîtra en 1936 dans le journal Diavolo. 


Omer Boucquey éditera en 1936 un petit journal nommé Diavolo. On y découvre Biair le Pélican, premier témoignage publicitaire pour la brasserie paternelle.


Il réalisera trois films pour Pélican en 1949, 1960 et 1963. Puis trois films en 1967 suivi de trois autres en 1969 pour Pelforth.

Omer Boucquey nous a quitté en 2003 en laissant une œuvre considérable.





Guy Lehideux a publié en l'an 2000, aux éditions Dreamland, dans la collection Image par Image, un livre de 128 pages consacré à Omer Boucquey.
Dreamland éditeur, 60 rue Blanche 75009 Paris Tél : 01 53 20 46 66 dreamland@awn.com ISBN : 2-910027-64-3


Toute la famille en boit (1949)



Ce film d'animation est le premier réalisé par Omer Boucquey en 1949 pour la bière Pélican

On y voit un père pélican boire une bière, en voix off « Pour le père une bière Pélican », la même chose  pour la fille et pour la mère. Puis on voit un bébé, la voix off dit alors « Et pour bébé … un biberon », mais à l’image le bébé repousse son biberon et attrape la bouteille de bière qu’il boit d’un trait. La voix off s’exclame alors que toute la petite famille est réuni sur l’écran « La bière Pélican, toute la famille en boit ».


" Pour le père, une bière Pélican " dans " Toute la famille en boit ", le premier film d'animation réalisé par Omer Boucquey en 1949 pour la bière Pélican.



" Pour la fille, un bière Pélican " dans " Toute la famille en boit ", le premier film d'animation réalisé par Omer Boucquey en 1949 pour la bière Pélican.



" Et pour bébé un biberon " dans " Toute la famille en boit ", le premier film d'animation réalisé par Omer Boucquey en 1949 pour la bière Pélican.


" La bière Pélican, la bière de toute la famille " dans " Toute la famille en boit ", le premier film d'animation réalisé par Omer Boucquey en 1949 pour la bière Pélican.
Dans la filmographie d'Omer Boucquey on note les réalisations suivantes :

- 1949 : Toute la famille en boit (Bières Pélican)





- 1960 : Pélican (Bières Pélican)



- 1963 : Bon pourboire (Bières Pélican)



- 1967 : Le Goût et la Forme (Bière Pelforth)



- 1967 : Du Rythme et du goût (Bière Pelforth)
- 1967 : Du Goût et des couleurs (Bière Pelforth)
- 1969 : Pelforth Pale (Bière Pelforth Pale)



- 1969 : Réception + Camping (Minifut Pelforth Pale)

En 1950 il réalisera plusieurs placards publicitaires pour Pélican.

Par ailleurs il produira plusieurs autres films d'animation concernant la bière : 

- 1953 : Le Roi boit pour les bières Kronenbourg



- 1954 : Albert pour la bière Albertbrau



- 1957 : La ligne pour la bière Dumesnil



- 1961 : Plus Chère ou meilleure + Elle pour la bière Française
- 1963 : Moisson ... Boisson, un film en Eastmancolor de 9 minutes, commandité par l'Union Générale de Brasserie Française. Jugé meilleur film Européen sur la bière au Congrès International de Munich des publicités collectives européennes pour la bière. Il existe une adaptation autrichienne pour la Schwechat Brauerei sous le nom Ein Glas Voll Scwung.



- 1965 : Après l'effort, Détente, Télépartie, Inattendus, Diner-surprise, La Bière Française, Délicieuse.
- 1966 : Jeune Allemande, Bouteille cassée, Après tennis, Prête moi ..., Changements. Ces 5 films cinémas pour la bière Ober-Pils seront présentés au Festival de Venise.
- 1967 : Intimité, Restaurant, En famille, Retour de soirée, Entr'amis. Ces 5 films TV seront réalisés pour la bière Française
- 1970 : Pense-Bière pour la Bière du Nord

Il existe aussi des films en vue réelles

- Son demi et sa moitié



- Blonde et blonde


- Réception


- Question de goût



















Terminons avec cette publicité de Péli-Magicien, signée Omer Boucquey.